PORTFOLIO "Addiction"

Dans ce nouveau travail, Stéphane Gizard redessine de façon instinctive le quotidien. Il crée un rythme particulier. Une nouvelle dimension photographique apparaît, comme une trace, un souvenir un peu flou. Pour ce travail l'artiste utilise son iPhone pour prendre les photos. Bien qu'il soit toujours à l'affût des tendances et des nouvelles technologies, il exprime de façon toute contradictoire une certaine nostalgie dans le choix du format polaroïds. Les photos sont prises dans l'instant, elles ne sont jamais retouchées. Elles offrent une qualité photographique très satisfaisante et surprenante compte tenu du matériel utilisé.

Les oeuvres de Gizard se manifestent un peu comme des flashs après une amnésie. C'est un enchaînement chronologique complètement anarchique, libéré des contraintes et codes usuels. Chaque image est forte. Ce sont des notes prises furtivement au cours du "voyage" commencé par l'artiste. Ces notes deviennent signes de la mémoire, parcelles de souvenir qui juxtaposées les unes aux autres prennent sens. L'enchaînement des images apporte aux spectateurs un récit atypique.

C'est en quelque sorte l'envers du décors que nous livre le photographe. Une réalité sans tricherie ni compromis. Des traces du quotidien, fragments de vérité. Il nous parle et nous guide dans les méandres de sa pensée. Ce sont des tranches de vie au déroulement anachronique, pas d'unité de lieu, que du temps.

Polaroïds instantanés, immédiateté, illusion d'une éternité. Des images qui s'entrechoquent s'accordent ou se répètent, mais toujours cette obsession : retenir le temps à tout prix.

Sandrine Vila-Gaspard